Les charrettes de Charmey


Reconnaissables à leurs deux grandes roues arrière, leurs deux lugeons avant (deux patins de la charrette) ainsi que leurs poignées (potsons ou petsons en patois), les charrettes en bois étaient utilisées autrefois par les paysans de nos Préalpes pour transporter le foin dans les terrains en pente.

Le dictionnaire en patois fribourgeois distingue d’ailleurs les « charrettes de Charmey » avec deux termes qui leurs sont propes : pyata et tsêrgoche.

Une quarantaine d’anciennes charrettes se trouve à Charmey. La Société de jeunesse « La Concorde » en possède près de la moitié qui est utilisée lors d’une course qui se déroule traditionnellement le deuxième weekend d’octobre lors de la Bénichon.

Un entretien soigneux des charrettes est effectué par les jeunes de Charmey tout au long de l’année et constitue ainsi le meilleur moyen de faire vivre ce patrimoine matériel !

Durant l’été 1999, la Jeunesse de Charmey a créé une relève de nouvelles charrettes à foin. Les charrettes subissaient inévitablement des dommages dus à la fameuse course qui les voit s’élancer « à vitesse grand V » dans les rues du village d’Enhaut depuis 1972.

La fabrication de la roue et des essieux des cinq nouvelles charrettes de 1999 est l’œuvre d’artisans de Château-d’Oex : Daniel Bornet, charron, ainsi que son frère et son fils, tous deux maréchaux-ferrants (représentés en photo ci-contre). La fabrication de ces charrettes demande du savoir-faire complété de beaucoup d’habilité.

Lorsque la roue en bois est terminée, il faut effectuer son cerclage. Le fer, chauffé à rouge, est plaqué autour de la roue afin qu’il en prenne la forme. La chaleur produite brûle alors le bois au bord de la roue tout en dégageant une importante fumée.

Les deux roues sont ensuite assemblées et le tout constitue l’essieu de la charrette. Tout l’essieu se doit d’être solide car c’est lui qui supporte presque tout le poids de la charge.

Les deux arcs et l’élément avant de la charrette sont quant à eux confectionnés par les membres de la Société de Jeunesse. Les lugeons (patins) sont doublés par des lames métalliques servant de semelles et permettant d’éviter une usure trop rapide.

Les traverses reliant les patins sont perforées afin de recevoir huit longues perchettes. Pour façonner ces perchettes, on utilise de petits épicéas, qui, une fois coupés, sont ébranchés et écorcés. Après ce travail, les perchettes pourront relier la partie avant et l’essieu de la charrette.

La charrette a enfin pris la forme qu’on lui connaît. Pour plus de solidité, chaque perchette a été clouée sur les traverses.


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